quelques constats accumulés…

Ne brûlez pas vos ailes, on réussit quand on est en forme. Pour cela, ne passez pas vos nuits à préparer les séances de rêve, elles n’existent pas.

Quand je suis sorti de l’école normale, au siècle dernier, avec les crocs, l’envie de faire mes preuves, j’ai du fonctionner comme vous, professeurs d’école stagiaires.

J’ai souvenir d’une séquence de sciences sur la reproduction végétale. J’y ai passé un mercredi entier en préparation. A l’époque, pas de vidéo projecteur, j’ai bricolé des fleurs magnifiques, bardées de pétales et d’étamines somptueux qui, par magie, tombaient pour dévoiler le futur fruit…

Ma séquence s’est déroulée comme dans un rêve, les temps étaient respectés, les élèves participaient, un modèle de démarche expérimentale… comme dans les livres.

Je devais être prodigieusement fier et heureux quand j’ai annoncé la récré à la fin de cette fabuleuse démonstration;-)

… et là, Sébastien F, élève de CM1, qui me dit :  » ouf, maître,  il était temps, 2 minutes de plus et je m’endormais »

Ce fut ma plus belle leçon 🙂

Depuis, j’essaye d’être le moins présent, le moins envahissant possible. Mes interventions, classe entière, sont les plus courtes possibles. Je privilégie l’intervention individuelle lors des moments de travail individuel, je m’efforce d’être avant tout un élément qui va faciliter la communication au sein de la classe, avec un maximum de bienveillance et d’encouragements.

Et je continue, à quelques années de la fin de ma carrière, à chercher, à tester, à entreprendre des dispositifs, des techniques… juste pour être plus efficace.

J’utilise des outils qui existent, je ne réinvente pas tout. Ce qui fonctionne, je le garde, même s’il faut parfois adapter.

J’essaye de conserver des temps de récupération, y compris sur le temps de classe.

Trop de jeunes collègues craquent physiquement parce que soumis à une forte pression, ils ne trouvent plus le temps du recul.

Ils idéalisent notre fonction, prennent les échecs de leurs élèves comme des échecs personnels. Si les élèves n’y arrivent pas, c’est que notre travail n’est pas bon, notre investissement pas suffisant.

C’est faux, malgré tous vos efforts, tous les dispositifs mis en place, tous n’y arriveront pas ou pas à la hauteur de vos espérances. D’autres illumineront vos journées de leurs découvertes, de leurs progrès.

J’éprouve toujours le même plaisir à retrouver ma classe en septembre. J’ai toujours du mal à voir partir les CM2 de l’école.

Nous faisons le plus beau métier du Monde, mais ne brûlez pas vos ailes:-)

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